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| - Cancers en hausse
Les vaccins anti-Covid désignés coupables sans preuve
Publié le 28.4.2026, 16:29 (CEST)
Pourquoi les cancers augmentent-ils chez les 25-35 ans ? Les chercheurs en médecine n'ont pas encore trouvé les causes exactes. Pourtant, des internautes pointent déjà de prétendus coupables : les vaccins anti-Covid.
Pour étayer leurs propos, certains relayent une interview du professeur et cancérologue à la retraite Henri Joyeux, figure de proue du mouvement anti-vaccins en France. Mais que disent réellement les dernières connaissances scientifiques en la matière ?
Evaluation
Les données disponibles actuellement ne confirment pas de signal d'alerte associant vaccination anti-Covid et cancers. De plus, l'augmentation de l'incidence des cancers chez les jeunes est antérieure à la pandémie.
Faits
Dans l'interview, le Pr Henri Joyeux répond à une question sur l'augmentation des cancers chez les jeunes adultes. Selon lui, les chercheurs français ne s'emploient pas suffisamment à comprendre les causes de cette hausse. Pourtant, une recherche sur Google permet de constater que la question inquiète d'éminents spécialistes et mobilise les scientifiques.
Henri Joyeux parle ensuite de « turbo-cancers », à savoir de cancers soi-disant induits par la vaccination, selon un mythe persistant sur les réseaux sociaux dû à son caractère anxiogène et générateur de clics. « Je ne dis pas qu'il y a une liaison, mais une méga interrogation », souligne-t-il.
Pas de signal d'alerte
Cet argument est pourtant scientifiquement bancal. A la suite des campagnes de vaccination contre le Covid-19, « de très rares cas de cancers ont été rapportés dans la littérature et dans les bases de données de pharmacovigilance. Cependant, les données disponibles actuellement ne confirment pas de signal de sécurité en ce sens. La rareté des cas décrits par rapport à l'exposition aux vaccins (plusieurs milliards de doses), ne plaide pas en faveur d'une relation de cause à effet », avait déjà assuré l'Agence fédérale belge des médicaments et des produits de santé (AFMPS) à la Deutsche Presse-Agentur (dpa) dans un précédent fact-check.
Aux Etats-Unis, le National Cancer Institute - principale agence fédérale dédiée à la recherche, la formation et la lutte contre le cancer - écrit également qu'il « n'existe aucune preuve que les vaccins contre le Covid-19 provoquent le cancer, entraînent des récidives ou aggravent la maladie ».
Une tendance observée depuis 30 ans
L'augmentation de l'incidence des cancers chez les jeunes adultes est par ailleurs antérieure à la pandémie. Cette tendance se dessine depuis une trentaine d'années.
Selon une étude parue en 2023 dans la revue scientifique British Medical Journal, les cas de cancers chez les moins de 50 ans ont augmenté de 79,1 % entre 1990 et 2019.
Ces cancers concernent notamment l'appareil digestif (colorectal, estomac, foie, pancréas), le sein, la thyroïde, mais aussi les reins, les testicules et parfois même les poumons chez de jeunes non-fumeurs.
Le nombre de nouveaux cas et de décès chez les moins de 40 ans pourrait augmenter de 12 % d'ici 2050, d'après une autre étude parue dans The Lancet Oncology en décembre 2024.
Comprendre les causes
Selon l'Institut français Gustave-Roussy, spécialisé dans la lutte contre le cancer, à ce stade la préoccupation ne porte pas tant sur le nombre de cas en tant que tel - qui reste limité -, mais sur l'existence de cette augmentation.
Les spécialistes évoquent plusieurs causes possibles : obésité croissante, pollution, perturbateurs endocriniens, alimentation, sédentarité ou encore exposition précoce à certains traitements et agents environnementaux. Les raisons exactes de cette hausse restent cependant à élucider. Et les chercheurs s'y attèlent.
(Situation au 28.4.2026)
Liens
Publication Facebook (version archivée, vidéo archivée)
A propos du professeur Henri Joyeux (version archivée)
A propos des inquiétudes sur l'augmentation des cancers chez les jeunes I, II, III (versions archivées I, II, III)
Position du National Cancer Institute (version archivée)
Etude parue dans le BMJ (version archivée)
Etude parue dans The Lancet (version archivée)
A propos des recherches de l'Institut Gustave-Roussy (version archivée)
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