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| - La droite domine à l'ouest, la gauche solide à l'est... À Paris, le premier tour des municipales a permis d'observer un clivage territorial très net dans les votes.
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Sur les réseaux sociaux, un observateur souligne que cette division électorale est-ouest s'observe dans la capitale depuis "plus de deux siècles".
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S'il s'agit d'un constat légèrement exagéré, on observe une constance dans la répartition territoriale des votes à Paris depuis de longues décennies.
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Réélue dès le premier tour des municipales dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, Rachida Dati a pu compter sur un soutien notable des électeurs dans les 6ᵉ, 8ᵉ, 15ᵉ ou 16ᵉ arrondissements, situés dans la partie ouest de la capitale. Plus à l'est, la droite a affiché des résultats bien plus mitigés, se retrouvant devancée par la gauche. Une forme de clivage géographique est-ouest qui a fait réagir des observateurs sur les réseaux sociaux. Un internaute, peu surpris par les résultats, a assuré (nouvelle fenêtre) que "la carte électorale de Paris est restée pratiquement la même depuis plus de deux siècles".
Une classe ouvrière implantée historiquement à l'est de Paris
Pour remonter le fil de l'histoire électorale de Paris, TF1info a échangé avec Claude Dargent. Professeur à l'université Paris 8 et chercheur au Cresppa-GTM, il glisse d'emblée que cette division est-ouest n'est en effet "pas une nouveauté"
, même s'il est abusif d'assurer qu'elle s'observe depuis deux siècles lors des élections. Au début du XIXᵉ, le suffrage universel n'est pas encore la norme en France, un "système électoral censitaire"
étant alors institué. À cette époque, les résultats des élections ne sont pas représentatifs de la population : les femmes ne sont pas les seules à être mises de côté puisque seuls les citoyens les plus aisés ont le droit de vote.
Les votes très polarisés – pour la droite dans l'ouest parisien, et pour la gauche dans l'est – sont "intimement liés à la composition sociale des quartiers"
, poursuit le chercheur associé au Cevipof. On distingue ainsi un "ouest cadre et bourgeois"
, qui s'oppose à un Paris de l'est, "social et ouvrier"
. On pense à des arrondissements tels que le 18ᵉ, le 19ᵉ ou le 20ᵉ, où l'on retrouvait des usines jusque dans la deuxième moitié du XXᵉ siècle.
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La capitale a beau avoir connu d'importantes transformations, sa sociologie électorale a finalement peu évolué au fil des décennies, note Claude Dargent. "Les classes populaires ont largement quitté la ville"
, où vivent désormais "essentiellement des cadres"
. Pour autant, "l'est conserve une composition sociale plus diversifiée",
liée entre autres à une proportion plus importante de logements sociaux. Si les usines intramuros ont disparu, des clivages perdurent, et ce "alors même que l’on compte 5 à 7% maximum d’ouvriers"
dans les quartiers de l'est parisien. Lors des différents scrutins, "le vote communiste est devenu marginal, mais LFI occupe aujourd'hui la position qui était jadis celle du PC dans le spectre électoral".
L'enseignant-chercheur s'attarde sur la dimension "charnière"
de certains arrondissements, moins polarisés que les autres entre la gauche et la droite et qui l'étaient déjà par le passé. Il évoque ainsi le 12ᵉ et le 14ᵉ, dont on se souvient qu'ils avaient basculé à gauche en 2001 pour permettre l'élection du socialiste Bertrand Delanoë.
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