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| - La secrétaire d'État Marina Ferrari, en campagne pour les législatives, assure que le Rassemblement national veut s'attaquer à la Poste.Le parti dirigé par Jordan Bardella souhaiterait confier les activités du groupe à Amazon, déplore-t-elle sur ses réseaux sociaux.C'est faux : la représentante du gouvernement partage ici (en la déformant) une mesure du RN, présentée à l'automne dernier.
Nommée secrétaire d'État en charge du Numérique en février dernier, Marina Ferrari avait laissé sa place à l'Assemblée à son suppléant pour intégrer le gouvernement. Repartie en campagne dans sa circonscription de Savoie, elle se présente aux législatives avec le soutien de la majorité et s'attaque au Rassemblement national, qu'elle accuse de "sacrifier" la ruralité "au service de la rentabilité". Pour appuyer son propos, l'élue sortante explique (nouvelle fenêtre) que "le RN envisage de liquider la Poste pour confier ses activités à Amazon".
Aucun démantèlement de la Poste à l'ordre du jour
Des lettres, colis et autres cartes postales bientôt distribués par le géant américain de l'e-commerce ? Marina Ferrari fait ici référence à des propos du député RN sortant Jean-Philippe Tanguy, dont elle relaie des propos tenus auprès de L'Opinion. "L'État verse 300 millions pour le service public postal. On peut très bien trouver un arrangement en reportant cela sur Amazon ou autre", a-t-il en effet expliqué (nouvelle fenêtre) au média en ligne libéral.
Si ces mots sont assumés par le représentant du Rassemblement national, la manière dont la secrétaire d'État les interprète se révèle trompeuse. Contrairement à celle qu'elle assure sur ses réseaux sociaux, le parti dirigé par Jordan Bardella n'affiche pas un projet de démantèlement de la Poste avec en ligne de mire le transfert de ses activités à Amazon ou à un autre géant du numérique.
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La mesure défendue par Jean-Philippe Tanguy concerne bel et bien la Poste, mais suggère en réalité de faire évoluer la "taxe GAFA" instaurée en 2019 (nouvelle fenêtre). Cette dernière se focalise sur les "services numériques" et cible une série de géants du web parmi lesquels Google, Amazon ou Facebook. L'idée du RN serait d'augmenter cette taxation, de façon à générer des recettes supplémentaires qui pourraient contribuer au financement de la Poste.
En novembre dernier, Jean-Philippe Tanguy avait déposé un amendement (nouvelle fenêtre) en ce sens à l'Assemblée, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2024. "La Poste reçoit [...] près de 605 millions d'euros au titre, d’une part, de sa mission d’aménagement du territoire, d’autre part pour l’acheminement et la distribution de la presse, et enfin au titre du service universel postal", écrivait le député sortant. "Il serait plus judicieux de financer cette dépense au travers d’une augmentation de la taxe sur les GAFAM, plutôt que par des subventions du budget de l’État", faisait-il valoir.
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