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| - Est-il vrai que les séchoirs à mains des toilettes publiques déversent des particules d’excréments sur nos mains ?
fake off•Selon une vidéo X, les séchoirs à mains couvrent la peau humaine de « particules de caca ». Si la formulation est approximative, c’est plutôt vraiFrédéric Henry pour 20 Minutes
L'essentiel
Un contenu partagé sur X affirme que les séchoirs à mains des toilettes publiques projettent des particules d’excréments présentes dans l’air.
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Une fois sur nos doigts, ces « particules de caca » s’étaleraient sur tout ce que l’on touche.
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Si cette explication est assez simpliste, la science va plutôt dans le même sens.
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Si vous êtes en train de manger, ne cliquez pas sur ce lien. Dans cette vidéo vue par 1,2 million d’internautes, un homme étale des excréments sur une porte, sur son smartphone et même sur son visage. Un contenu scatophile à l’intention des adultes ? Pas du tout. Un message informatif visant à prévenir tout un chacun des dangers sanitaires des séchoirs à mains des toilettes publiques. Comme l’explique la voix off, animation 3-D à l’appui, lorsque l’on tire la chasse, des « particules de caca » se répandent dans l’air. Aspirées par les séchoirs (parce que, oui, l’air projeté ne vient pas de nulle part), ces particules s’étalent sur nos doigts… puis sur tout ce que l’on touche.
Un mytho destiné à semer la panique ? Un contenu financé par le lobby des essuie-tout ? Et si on allait voir ce que dit la science ?
FAKE OFF
Ce que dit la science, c’est que c’est plutôt vrai, mais à prendre avec quelques pincettes. Tout d’abord, le terme « particules de caca » est un peu vague. Ce qui préoccupe les chercheurs, ce ne sont pas les excréments eux-mêmes, mais les bactéries qu’ils contiennent. Selon cet article du blog médical de l’université de Harvard, une étude de l’université du Connecticut va dans le sens de notre vidéo. Ainsi, « des boîtes de Petri exposées à l’air de toilettes pendant deux minutes, avec les sèche-mains éteints, n’ont développé qu’une seule colonie bactérienne, voire aucune. En revanche, des boîtes de Petri exposées pendant 30 secondes à l’air chaud d’un sèche-mains de toilettes ont développé jusqu’à 254 colonies bactériennes (la plupart en comptaient toutefois entre 18 et 60) ». Après quelques expériences supplémentaires, le papier conclut que la plupart des bactéries proviennent néanmoins de l’air ambiant.
Comment sont-elles arrivées là ? Parce qu’« à chaque fois qu’une chasse d’eau est tirée sur des toilettes sans couvercle, un fin nuage de microbes se répand dans l’air », susceptible de contaminer « une surface pouvant atteindre six mètres carrés ». De quoi tomber malade ? Rarement. Toujours selon les chercheurs, la plupart des bactéries identifiées sont inoffensives pour les personnes en bonne santé, à l’exception toutefois du staphylocoque doré (qui serait « la principale cause bactérienne de décès dans 135 pays » d’après une autre étude) et de quelques autres, capables d’infecter des individus au système immunitaire affaibli.
Comme il n’est jamais prudent de ne se fier qu’à une seule source, 20 Minutes en a consulté d’autres. Malheureusement pour les adeptes des sèche-mains, la Cleveland Clinic, l’université de Leeds et celle de Westminster vont dans le même sens que le blog de Harvard. Selon un médecin interrogé par la Cleveland Clinic, la transmission des germes est aggravée par une peau humide, ce qui est souvent le cas après l’emploi hâtif d’un sèche-mains. Ainsi, d’après cette méta-analyse de la Mayo Clinic, ce n’est pas tant la méthode de séchage qui compte que l’efficacité de celui-ci. Et si les études prises en compte peinent à s’accorder sur l’efficacité des deux techniques, l’usage du papier demeure toutefois recommandé, surtout dans les lieux où l’hygiène prime, tels les hôpitaux. Et en l’absence de papier, l’université de Cleveland suggère d’appliquer un gel hydroalcoolique après l’emploi du sèche-mains.
Conclusions
Ce ne sont pas les « particules de caca » qui posent problème, mais les bactéries qu’elles contiennent.
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Ces bactéries (et d’autres) sont aspirées, puis recrachées par les sèche-mains.
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La plupart de ces bactéries ne sont pas nocives pour la santé humaine, mais certaines peuvent l’être.
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Les personnes dont le système immunitaire est affaibli sont plus vulnérables à certaines de ces bactéries.
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Lorsque c’est possible, mieux vaut employer du papier pour s’essuyer les mains dans les lieux publics.
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Dans tous les cas, la qualité du séchage l’emporte sur la méthode : celui-ci ne doit pas être « approximatif ».
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Dans le doute, appliquez un gel hydroalcoolique après le séchage.
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