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  • La génération Z serait-elle moins « intelligente » que les précédentes ? Attention fake off•Selon un post X, la génération Z atteint des niveaux de bêtise historiques. Une affirmation quelque peu arbitraireFrédéric Henry pour 20 Minutes L'essentiel Un post X évoque un chercheur américain dont les constats sur l’intelligence des jeunes sont préoccupants. - L’auteure du post extrapole, en outre, des conclusions catastrophistes. - Si le déclin de certaines compétences cognitives est observé dans certains pays, ce constat mérite de nombreuses nuances. - Sur X, ce pamphlet a cumulé 1,6 million de vues. Il faut dire que le constat est accablant : « La génération Z [née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010] a le QI moyen le plus bas de toutes les générations. De récentes recherches indiquent une baisse notable des scores moyens aux tests de QI chez les Z par rapport aux milléniaux [la génération précédente]. » S’ensuivent des propos attribués au Dr Jared Cooney Horvath : « C’est la première génération de l’Histoire moderne à obtenir des scores inférieurs à la précédente aux tests académiques standardisés. Leurs performances sont inférieures aux attentes dans pratiquement tous les domaines cognitifs, de l’attention de base à la mémoire en passant par la lecture, le calcul, les fonctions exécutives et le QI général. » L’internaute conclut de manière alarmante : « en tant qu’espèce, nous régressons à cause de ceux qui sont au pouvoir. Tout cela est intentionnel. » Et si on vérifiait ? FAKE OFF Interrogeons-nous d’abord sur la source. Le Dr Jared Cooney Horvath est un spécialiste américain reconnu des neurosciences cognitives et de l’éducation. Et oui : il a bien tenu de tels propos auprès du New York Post et du Congrès américain. À première vue, le post suggère une baisse soudaine de l’intelligence humaine. En réalité, la régression mesurée s’oppose à l’effet Flynn – du nom du chercheur James R. Flynn. Son constat ? Entre le début des mesures, à l’aube du XXe siècle, et les années 1990, le QI augmente en moyenne de trois points par décennie. Mais attention : cette progression s’observe surtout dans les pays industrialisés – elle est corrélée à une amélioration des conditions économiques, éducatives, nutritionnelles et sanitaires. Depuis une trentaine d’années, plusieurs études rapportent un ralentissement ou une inversion de l’effet Flynn : les premiers constats ont été faits dans les pays scandinaves, puis au Royaume-Uni et en Australie, entre autres. Pour prendre ces chiffres avec des pincettes, ils témoignent pour la plupart d’une baisse inférieure, voire très inférieure à trois points par décennie. Impossible, donc, d’affirmer que les Z ont le QI le plus bas des temps modernes : sur ce plan, ils font mieux que leurs arrière-grands-parents il y a un siècle. Mais Horvath ne parle pas que de QI. Dans son rapport au Sénat, il mentionne des baisses de compétences en lecture et calcul mesurées par des tests standardisés – comme TIMSS ou PISA. Ces tests n’existent que depuis vingt-cinq ou trente ans : ils ne permettent de comparer les performances des Z qu’avec celles des milléniaux – c’est peu pour mettre en évidence une tendance de long terme. Ajoutons que l’effet Flynn, de façon mécanique, devait nécessairement atteindre un palier : sauf à « augmenter » l’homme comme en rêvent les transhumanistes, le QI ne peut progresser indéfiniment. Ce palier pouvait-il rester stable ? Est-il sujet à des fluctuations d’une génération à une autre ? Faute de recul, la question reste en suspens. Un phénomène planétaire ? Quoi qu’il en soit, il est abusif de parler d’un déclin « en tant qu’espèce ». Une méta-analyse de 2023 montre qu’à l’échelle planétaire, l’effet Flynn se maintient (avec un gain moyen d’environ 0,22 point de QI par an). Il se déplace juste vers les pays émergents – qui connaissent des évolutions comparables à celle des Nations développées au siècle dernier. De même, les résultats des tests de lecture et de calcul évoqués par Horvath varient énormément d’un pays à l’autre : si les Z font moins bien que les milléniaux aux États-Unis ou en France, c’est l’inverse en Chine ou, plus près de chez nous, en Pologne. Les évolutions sont davantage locales que mondiales. Un complot des « élites »… ou la faute aux écrans ? Il n’en reste pas moins que depuis quelques années, voire quelques décennies dans certains pays, certaines compétences déclinent. Coupons court aux conclusions hâtives de l’internaute sur X : Jared Cooney Horvath n’a jamais dit que le phénomène était « intentionnel » ni « à cause de ceux qui sont au pouvoir ». Aucun travail scientifique ou journalistique n’étaie cette allégation. Pour le chercheur, la cause du mal est tout autre : ce sont les écrans. Est-ce le cas ? Difficile à établir. D’une part, dans la plupart des nations qui observent un effet Flynn « inversé » ou stagnant, le phénomène précède l’avènement du numérique. Il aurait, par endroits, démarré dès les années 1960 ou 1970, soit deux à trois générations avant les Z. Et si certaines études suggèrent que les écrans nuisent au développement cognitif des enfants, on manque encore de preuves et de méta-analyses pour muer ces corrélations en causalités. En outre, une multitude d’autres hypothèses – environnementales, socioculturelles, éducatives, migratoires, etc. – ont été proposées pour expliquer l’inversion de l’effet Flynn, sans qu’aucune ne parvienne à s’imposer. Un déclin compensé ? Certains chercheurs suggèrent que les compétences cognitives, loin d’avoir disparu, ont évolué : on passerait d’une « intelligence de stockage » à une « intelligence de flux ». L’information étant désormais externalisée (sur Internet), les Z seraient doués pour mémoriser rapidement non pas les données elles-mêmes, mais la manière d’y accéder. De même, le raisonnement spatial des jeunes Américains aurait progressé. Évidemment, l’arrivée des IA rebat (encore une fois) les cartes, ce qui préoccupe déjà la communauté scientifique. Rappelons enfin que, depuis au moins la Grèce antique, chaque génération affirme que la suivante lui est inférieure – un biais cognitif appelé « juvenoia ». Si c’était vrai, nous serions 100 fois moins intelligents que le Gaulois moyen.
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