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  • Une petite maison d'édition a décidé d'afficher en quatrième de couverture d'un ouvrage la manière dont se répartit le montant du prix de vente. - De nombreux internautes ont découvert avec stupéfaction que l'auteure du roman touche moins d'un euro, alors qu'il est vendu 12 euros dans les librairies. - Il s'agit ici d'une rémunération assez classique dans le secteur de l'édition, et qui peut généralement augmenter grâce à certaines clauses contractuelles. - Postée sur X, une photo de la quatrième de couverture d'un roman récemment paru a suscité de très nombreuses réactions et totalisé près de deux millions de visionnages. L'internaute qui a acheté l'ouvrage a mis en avant (nouvelle fenêtre) une initiative de la maison d'édition : celle-ci a renseigné dans un petit cartouche de bas de page la manière dont se décomposait en détails le prix de vente, fixé à 12 euros. Une "super idée à généraliser" , assure ce lecteur enthousiaste, et qui permet de constater que l'autrice touche pour chaque ouvrage acheté la somme de 96 centimes. Il s'agit de 8% du prix total, tandis que la fabrication du livre a coûté 1,39 euro et que la librairie récupère 4,54 euros lorsqu'elle écoule un exemplaire. Une rémunération dans les standards du secteur L'ouvrage qui a été mis en avant sur les réseaux sociaux est intitulé La même en pire. Il s'agit d'un roman - le deuxième signé par l'autrice Eugénie Zély - publié par les éditions Burn~Août. Sollicitée par TF1info, cette petite maison d'édition indépendante et associative n'a pas souhaité répondre à nos questions. On note toutefois que cette initiative consistant à détailler la répartition du prix de vente n'est pas si nouvelle, puisqu'elle a été expérimentée pour la première fois il y a environ trois ans avec une autre publication dans la même collection. Chez Burn~Août, un pourcentage de 8% sur chaque vente est proposé pour chaque auteur ou autrice. Eugénie Zély, qui s'est exprimée (nouvelle fenêtre) ces derniers jours sur les réseaux sociaux, a par ailleurs précisé que son contrat prévoyait le versement d'un "à valoir" de 500 euros. Conçue comme une avance sur droits d'auteurs, il s'agit d'une somme déduite des droits dus sur les ventes et qui sera perçue par l'écrivain(e) avant que les ventes n'aient commencé. En général au moment de la signature du contrat, lors de la remise du texte ou à l'approche de la publication. Faut-il s'émouvoir comme certains sur le réseau X, que les auteurs et autrices ne perçoivent pas une part plus importante lors d'une vente ? Eugénie Zély, sur ce point, ne semble pas y trouver à redire : "On s'en (fous) que je touche un euro par bouquin" , a-t-elle lancé à ses abonnés, assurant qu'elle "adore" sa maison d'édition et expliquant que le montant de l'ouvrage va aussi servir à rémunérer "une correctrice, un graphiste...". On ne "devrait pas faire reposer l'économie des auteurs et autrices sur les maisons d'édition" , estime-t-elle. Toucher un peu moins de 10% du prix de vente, c'est "la moyenne dans le secteur de l'édition" , confie pour sa part à TF1info la Société des Gens de Lettres (SGDL). Cette structure, qui a "pour vocation la promotion du droit d'auteur et la défense des intérêts des auteurs" , souligne que l'on observe des "variations entre 2% et 12%" . Les taux ne sont bien souvent pas identiques selon les genres : "En littérature générale, on est à 8/10%, mais plutôt à 5% en littérature jeunesse" , nous explique-t-on. Pourquoi ? "Cela tient souvent à des usages installés" , constate la SGDL, "s'imposant au fur et à mesure comme des modèles économiques" . Par ailleurs, ces pourcentages peuvent évoluer "selon la notoriété d'un auteur" , si bien qu'un "gros vendeur" pourra "imposer des taux supérieurs (12/15%)". Il est important de noter que les contrats prévoient parfois des taux évolutifs, en fonction de paliers qui traduisent un succès en librairie : "8% jusqu'à 5.000 exemplaires, 10% de 5.001 jusqu'à 20.000, puis 12% au-delà de 20.000 exemplaires vendus" . Les quelque 90% du prix de vente restant se répartissent entre les nombreux acteurs impliqués dans la création et la diffusion des ouvrages. La chaîne du livre implique ainsi de nombreux corps de métiers, qu'il s'agisse des imprimeurs, des maquettistes, des graphistes, ou bien encore des éditeurs. Les libraires, qui arrivent à l'issue de ce processus, doivent eux aussi se rémunérer, tout en s'acquittant de leurs charges (loyer, électricité, ou bien encore salaires du personnel...). Quelques sources de revenus complémentaires En parallèle des avances sur droits d'auteur évoquées plus haut – les "à-valoir" –, les écrivain(e)s peuvent bénéficier de revenus qui viennent compléter ceux liés aux ventes de leurs livres. "La loi prévoit des compensations financières dues aux auteurs pour certains usages de leurs ouvrages" , rapporte la Société des Gens de Lettres. "Dans le domaine du livre" , poursuit-elle, on peut mentionner "la rémunération du prêt en bibliothèque, de la reprographie et de la copie privée numérique" . En pratique, les sommes qui sont en jeu "sont perçues par deux organismes de gestion collective dans le domaine du livre : la SOFIA et le CFC" . Ce sont elles qui se chargent ensuite d'assurer une redistribution aux auteurs et autrices. Lire aussi "C'est comme à la salle de sport" : un philosophe explique pourquoi la lecture permet de muscler son esprit La SGDL, qui "milite pour un meilleur partage de la valeur dans la chaîne du livre" , défend certaines propositions en ce sens. Elle évoque ainsi la l'idée d'instaurer un "minimum garanti non amortissable" , c'est-à-dire une somme "qui ne serait plus déductible des droits dus sur les ventes et qui permettrait de percevoir des droits proportionnels dès le premier exemplaire vendu" , hors à-valoir. Une autre piste concernerait plus précisément le marché de l'occasion, afin qu'il "participe à l'économie de la création" . Une "mise à contribution des plateformes de revente de livres d'occasion" est ainsi proposée, puisque pour l'heure, "les auteurs et autrices ne perçoivent aucune part du marché du livre de seconde main". Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr. Retrouvez-nous également sur X : notre équipe y est présente derrière le compte @verif_TF1LCI.
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