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| - Alors que les questions de défense font leur retour au premier plan dans le débat public, le député François Piquemal avance un chiffre marquant.L'élu LFI assure que "pour 100 euros investis dans le réarmement des pays de l'UE, 63 euros vont aux États-Unis de Trump".Il s'appuie sur les travaux de l'Iris, un think tanks français spécialisés sur les questions géopolitiques et stratégiques.
Ursula von der Leyen a détaillé en début de semaine le plan de l'UE pour "réarmer" le Vieux continent. Un projet qui devra permettre de "mobiliser près de 800 milliards en dépenses d'armement", a indiqué la présidente de la Commission européenne. Interrogé dans les couloirs de l'Assemblée nationale sur la nécessité d'augmenter les dépenses françaises en matière de défense, le député LFI François Piquemal s'est montré relativement prudent (nouvelle fenêtre).
L'élu de la Haute-Garonne estime que les Américains, en faisant planer le risque d'un désengagement en Ukraine, cherchent à pousser l'Europe à investir dans son industrie d'armement. Mettant en garde contre une "vassalisation", il a profité d'un passage au micro de BFMTV pour avancer un chiffre. "Pour 100 euros investis dans le réarmement des pays de l'UE", affirme-t-il, "63 euros vont aux États-Unis de Trump".
La dépendance envers les États-Unis s'est accentuée en matière de défense
Près de deux tiers des investissements réalisés par les États membres de l'UE dans le secteur de la défense sont-ils effectués auprès des Américains ? Ce constat, François Piquemal l'emprunte à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), un think tanks français qui s'intéresse de près aux sujets géopolitiques et stratégiques. Son directeur adjoint Jean-Pierre Maulny a signé en septembre 2023 un document de 22 pages (nouvelle fenêtre) rédigé en anglais, consacré à "l'impact de la guerre en Ukraine sur le marché européen de la défense".
Une forme de dépendance européenne à l'égard de Washington transparaissait alors de ces écrits, notamment à la lecture d'un passage en particulier. "Les acquisitions en dehors de l'UE représentent 78% des investissements des pays de l'UE pour 2022-2023", a souligné le spécialiste, ajoutant que "les États-Unis représentant à eux seuls 63%". Une proportion qui interpelle, comparée aux 22% d'achats intra-européens et aux 15% d'investissements réalisés auprès de pays hors UE et hors États-Unis.
Les questions de défense demeurant sensibles, les États sont généralement peu prolixes lorsqu'il s'agit de fournir des détails quant à leurs investissements. En conséquences, rares sont les autres sources qui évoquent la répartition des achats effectués par les membres de l'UE. Notons toutefois que l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (le Sipri) a, lui aussi, publié des données (nouvelle fenêtre). "Environ 55% des importations d'armes par les États européens sur la période 2019-23 proviennent des États-Unis", notait l'institution il y a presque un an jour pour jour. Cette proportion était en augmentation, ajoutait le Sipri, puisqu'elle était de "35%" sur la période "2014-18".
À défaut d'avancer des données précises, la Commission européenne a donné du crédit aux estimations fournies par l'Iris ou le Sipri. Elle a fixé comme objectif (nouvelle fenêtre) d’acheter 50% des équipements au sein de l’UE à l'horizon 2030. Ce qui confirme qu'à l'heure actuelle, l'Europe s'approvisionne très largement hors de ses frontières.
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