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| - Le gouvernement annonce des mesures pour lutter contre la consommation de protoxyde d'azote, ainsi que pour sanctionner son usage chez les conducteurs.
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Des décisions vaines, réagit un avocat : il assure en ligne que nous ne disposons à l'heure actuelle d'aucun test de dépistage pour identifier l'inhalation de ce gaz.
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Si des dispositifs semblables aux éthylotests existent, les experts mettent en doute leur efficacité et la capacité des forces de l'ordre à mener des contrôles fiables sur les routes.
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Interrogé à l'Assemblée dans le cadre des questions au gouvernement, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a évoqué les mesures prises pour lutter contre la consommation de protoxyde d'azote. "Dans le cadre de la
loi Ripost
"
, a-t-il souligné ce mercredi 17 juin, "on crée un délit de conduite sous état d'emprise manifeste, notamment du protoxyde d'azote"
. Une décision qui intervient alors que les accidents impliquant des conducteurs qui ont inhalé ce gaz se multiplient depuis plusieurs mois.
Réagissant à l'intervention du ministre, un avocat a assuré (nouvelle fenêtre) sur le réseau social X qu'une évolution législative de cette nature n'aurait aucun impact. "Le législateur crée un délit dont la preuve n’est pas possible"
, assure-t-il. En clair : il serait inutile d'interdire cette substance au volant, puisque nous ne disposons pas d'outil permettant de la détecter chez les automobilistes.
Pas d'équivalent de l'éthylotest pour le protoxyde d'azote
Pour faire le point sur les méthodes de détection du protoxyde d'azote, TF1info s'est plongé dans un récent article scientifique (nouvelle fenêtre), paru dans la revue officielle de la Société française de biologie clinique . Les auteurs constatent en préambule que "certaines entreprises proposent aujourd’hui des dispositifs portables, basés notamment sur la spectroscopie infrarouge (SIR)"
. Ils permettent, "selon les fabricants, de détecter la présence de protoxyde d’azote dans l’air expiré plusieurs heures après une inhalation"
. Des outils précieux sur le papier, qui pourraient notamment permettre aux forces de l'ordre d'effectuer des contrôles au bord des routes.
Les spécialistes, dans leurs travaux, soulignent que l'on "manque actuellement de données scientifiques robustes"
pour confirmer l'efficacité des méthodes de dépistage. Ils ajoutent qu'à ce jour, "le diagnostic et le suivi clinique s’appuient
sur l'association de biomarqueurs biologiques [...] qui restent imparfaits du fait d’autres paramètres confondants"
. En clair, les résultats sont susceptibles d'être faussés, en cas notamment "d'insuffisance rénale"
ou de "carences en autres vitamines B9, B6".
Des "interférents" susceptibles d'engendrer "des faux positifs ou des faux négatifs"
Pour mettre en évidence une inhalation récente de protoxyde d'azote chez un individu, les experts se heurtent aujourd'hui à diverses contraintes. Le chercheur Benjamin Touzé, coauteur de l'article et membre du laboratoire IMPECS à Lille, souligne par exemple à TF1info que "plusieurs interférents"
peuvent fausser les résultats. Ils sont susceptibles d'engendrer "des faux positifs ou des faux négatifs"
. Les rares études qui portent sur l'identification de ce gaz dans l'air expiré présentent par ailleurs des limites sur le plan méthodologique. Outre des mesures généralement réalisées sur des cohortes restreintes, la plupart ont été conduites dans des conditions contrôlées en laboratoire. Un problème potentiel puisque l'on sait que l'humidité de l’air, la température peuvent avoir une influence sur les outils de diagnostic.
"Les données physiologiques montrent que le protoxyde d'azote possède une très faible solubilité sanguine, diffuse rapidement et est éliminé quasi totalement en une trentaine de minutes"
, rapporte l'article paru en janvier 2026. Contrairement à l'alcool ou à certaines drogues, il est donc très délicat de retrouver des traces d'inhalation remontant à quelques heures. Comme ses confrères, Benjamin Touzé se montre prudent : "Nous ne disons pas que les tests de dépistage ne marcheront jamais, mais il convient de faire attention au lobbying qui met en avant des solutions miracles"
, confie le chercheur.Lire aussi
Une explosion toutes les deux heures : les bonbonnes de protoxyde d'azote s'accumulent dans les incinérateurs franciliens
Face aux députés, Laurent Nunez a reconnu à demi-mot qu'effectuer des contrôles – et donc faire appliquer la loi – serait potentiellement délicat. "Je concède que ce n'est pas simple"
, a-t-il lancé, avant d'ajouter que dans un premier temps, "le plus important était d'inscrire [dans la loi, NDLR] les délits sur le protoxyde d'azote"
. Le ministre de l'Intérieur a enfin évoqué le travail du "laboratoire central de la préfecture de police"
, qui "teste un équipement"
destiné à mettre en évidence la consommation de ce gaz.
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