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| - Un député sortant du RN estime que les Français qui affichent une double nationalité ne devraient pas être ministres. Et prend l'exemple de la socialiste Najat Vallaud-Belkacem.Roger Chudeau a expliqué que lors de son passage au ministère de l'Éducation nationale, elle a "voulu instituer au CP" l'apprentissage de l'arabe pour les élèves.L'ex-élu relance une polémique vieille de presque dix ans. À l'époque, il n'était pas envisagé d'imposer l'arabe en primaire à tous les élèves.
Parfois présenté comme le "monsieur éducation du RN", le député sortant Roger Chudeau a provoqué un tollé (nouvelle fenêtre) après une intervention à l'antenne de BFMTV. Il a en effet estimé que des Français porteurs d'une double nationalité ne devraient pas être nommés ministres.
Il a alors pris pour exemple l'ancienne ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem (2014-2017), franco-marocaine. Cette dernière, a assuré (nouvelle fenêtre) le représentant du Rassemblement national, "a voulu instituer au CP des cours d'arabe". Sur les réseaux sociaux, Jean Messiha a apporté son soutien au parlementaire du RN. "Najat Vallaud-Belkacem a instauré des cours d’arabe obligatoires à l’école dès le primaire à son accession à l’Éducation Nationale", a déploré (nouvelle fenêtre) le candidat Reconquête aux législatives. Des propos trompeurs.
Une langue optionnelle, comme le turc ou le portugais
Marine Le Pen a rapidement désavoué l'élu sortant de son parti, estimant que ses propos sur la binationalité relevaient d'un "avis personnel" sans lien avec la ligne officielle du RN. Sa prise de position a aussi fait réagir (nouvelle fenêtre) Emmanuel Macron, qui a évoqué une "dissolution des esprits et des consciences".
S'il a plus tard assuré qu'il s'agissait d'un "avis strictement personnel et n’engage nullement le RN", Roger Chudeau a réactivé une polémique en réalité déjà ancienne. Ses attaques envers Najat Vallaud-Belkacem nous replongent en effet à 2016, lorsqu'elle occupait le poste rue de Grenelle. Dans les rangs de la droite, on l'accusait alors de vouloir généraliser l'apprentissage de l'arabe à l'école. Le député sortant, sur BFMTV, a pour sa part glissé qu'elle a été "la seule ministre" à avoir "proposé" l'enseignement "précoce" de cette langue à travers l'Hexagone.
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Il y a huit ans, Najat Vallaud-Belkacem avait souhaité que "l'enseignement de l'arabe" se fasse "dès le CP", dès que l'État dispose des "moyens pour le faire". Il s'agissait, selon ses mots, de valoriser "une diversité de l'offre de langues vivantes étrangères". Attention toutefois : il ne s'agissait pas de généraliser les cours d'arabe à tous les élèves de CP, mais de faire évoluer (nouvelle fenêtre) un dispositif qui se nommait à l'époque "l'Enseignement Langue et Culture d'origine", ou "ELCO".
Proposé sous conditions dans certaines classes dès le CE1, ce programme s'adressait aux enfants de travailleurs immigrés. La participation était facultative, et permettait aux élèves, en dehors du temps scolaire et en complément des autres apprentissages, de bénéficier de 1h30 à 3h de cours hebdomadaires d'une langue étrangère. Le portugais, le turc, l'italien, le serbo-croate ou l'espagnol faisaient notamment partie des choix possibles, au même titre que l'arabe. La ministre souhaitait une évolution pour que ces apprentissages puissent débuter plus tôt dans la scolarité, tout en conservant un caractère optionnel.
"J'estime que dans notre pays, s'il y a bien une chose à faire, c'est diversifier les langues que les élèves apprennent à l'école, car toutes ces langues ont leur légitimité et leur intérêt", clamait (nouvelle fenêtre) à cette époque Najat Vallaud-Belkacem. "Est-ce qu’il est question d’imposer l’apprentissage de l’arabe en CP ? La réponse est non", avait-elle martelé en réponse aux polémiques qui la visaient. Si un projet de réforme avait été conduit, de manière – entre autres – à ce que ces "ELCO" soient assurés par des enseignants français, le dispositif avait fini par disparaître quelques années après des polémiques. Le 18 février 2020, Emmanuel Macron a en effet annoncé l'arrêt (nouvelle fenêtre) de ces cours, qui étaient dispensés à 80.000 élèves à travers le territoire.
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