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| - Une vidéo partagée sur X est présentée comme celle d'une intervention musclée de forces de sécurité dans une boîte de nuit moscovite.
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Une descente de police qui aurait visé spécifiquement des personnes homosexuelles.
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Ces affirmations sont étayées par des articles de la presse russe, qui évoquent aussi des recherches de stupéfiants par les agents d'une unité spéciale de la Garde nationale.
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Des images de vidéosurveillance sont publiées (nouvelle fenêtre) en cette fin de semaine sur le réseau social X. Une séquence d'environ 40 secondes qui montre une intervention d'individus en uniforme qui ressemblent à des policiers. En légende, on nous explique que la scène se déroule à Moscou, dans une boîte de nuit. Des "forces de sécurité réalisent une descente
[...] afin de traquer et d'arrêter les homosexuels"
, ajoute l'auteur de cette publication. Le mouvement LGBT serait ainsi directement visé par les forces de l'ordre, dans un pays où il est considéré par "le Kremlin
[...] comme organisation terroriste".
Les forces de l'ordre sont intervenues après des dénonciations
De prime abord, aucun élément ne semble permettre d'authentifier ces images, ni nous renseigner sur leur provenance exacte. Aucune bande son n'accompagne la vidéo, ce qui réduit encore les indices contextuels. On remarque toutefois une inscription sur l'uniforme des forces de sécurité qui sont ici filmées. Sur leur dos figurent quatre lettres en cyrillique : "СОБР"
. Il s'agit d'un acronyme qui se réfère à une unité spéciale de la Garde nationale russe, le SOBR. Des unités d'élite qui sont chargées (nouvelle fenêtre) de participer à la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et l'extrémisme, et qui apportent un soutien à des opérations de recherche et d'enquête.
Pour en savoir davantage sur l'intervention dont il est ici question, c'est vers des médias russes qu'il faut se tourner. Ces derniers nous permettent de confirmer que la scène a été tournée à Moscou, dans une boîte de nuit du nord de la capitale nommée "Vibe" (nouvelle fenêtre). La séquence d'origine a été partagée (nouvelle fenêtre) sur la très populaire chaîne Telegram du média en ligne "BAZA", qui compte plus de 1,6 million d'abonnés. C'est d'ailleurs le logo de BAZA qui est incrusté sur les images relayées en ligne.
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Selon cette source, "le SOBR de Moscou a mené une descente dans une boîte de nuit à la recherche de propagande LGBT et de drogues"
. C'est dans ce cadre qu'une "jeune femme n'ayant pas obéi aux ordres a été évacuée de la piste de danse, retenue par les bras et les jambes"
. Les forces de l'ordre seraient intervenues "après avoir reçu des informations sur la présence de substances interdites"
, ainsi que de personnes LGBT au sein de l'établissement.
L'arrestation aurait eu lieu après que les agents auraient demandé aux clients de "s'asseoir par terre en vue d'une série de contrôles"
. C'est alors qu'une jeune femme se serait mise à "à protester bruyamment et à refuser d'obéir aux ordres"
. Dans la presse russe, ce récit est assez largement repartagé, en s'en tenant toutefois aux seuls éléments mis en avant sur la chaîne Telegram de BAZA. TF1info a contacté la boîte de nuit, sans réponse jusqu'à présent. La direction s'est néanmoins exprimée auprès du média Podyom : elle a évoqué la présence "d'inconnus"
qui ont "perturbé le fonctionnement"
de l'établissement, ne remettant pas en cause la légitimité de l'intervention des forces de l'ordre.
Il est important de noter que BAZA est souvent présenté comme intimement lié aux services de sécurité russes. Une plateforme réputée pour sa réactivité en matière de faits divers et qui relaie régulièrement des séquences récupérées à partir de systèmes de vidéosurveillance. Ces extraits, qui sont en théorie difficiles à se procurer, suggèrent (nouvelle fenêtre) une forme de proximité entre ce média et les forces de l'ordre, qui peuvent accéder à ces vidéos dans le cadre de leurs enquêtes. Par ailleurs que la vidéo de partagée par BAZA a été relayée (nouvelle fenêtre) par Novaya Gazeta
Europe, le principal média d'opposition russe, qui opère ces dernières années depuis la capitale lettone Riga.
Les personnes LGBT discriminées en Russie
En Russie, une répression féroce est exercée contre la communauté LGBT+. L'an passé, une notice du service russe des renseignements financiers a fait figurer (nouvelle fenêtre) le "mouvement international LGBT" sur une liste des personnes et organisations considérées dans le pays comme "terroristes et extrémistes"
. Il faut aussi souligner qu'une loi de 2022 est venue élargir un texte voté dix ans plus tôt. Son but ? Interdire les formes de "propagande"
LGBT à travers tout le pays.
Publié chaque année par l'Association internationale lesbienne, gay, bisexuelle, trans et intersexe (Ilga-Europe), un "Rainbow Index (nouvelle fenêtre)" permet d'évaluer les droits des personnes LGBT à travers 49 pays d'Europe. La Russie, dans l'édition 2024, y occupe la dernière place. Les auteurs soulignent les discriminations dont sont victimes ces communautés, ainsi que l'augmentation des violences qui les visent. Une répression qui s'établit sur fond de discours stigmatisants visant les relations qualifiées de "non traditionnelles" par les autorités.
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